PEGASE et l'enfance protégée

PEGASE : la santé des enfants protégés entre dans le droit commun

Les enfants confiés à la protection de l'enfance présentent, dès leur entrée dans le dispositif, beaucoup plus de difficultés de santé, de développement et de scolarité que les autres enfants. Trop souvent, ces besoins sont repérés tard, ou perdus de vue au fil des changements de lieu de placement. C'est précisément ce que le programme PEGASE a cherché à corriger, et ce que le nouveau Parcours coordonné renforcé « Enfance protégée » vient généraliser.
Ce qu'était PEGASE
Né des travaux de l'association Saint-Exupéry pour la recherche en protection de l'enfance, PEGASE suivait les jeunes enfants protégés placés avant 5 ans, jusqu'à leurs 7 ans. Son principe : ne rien laisser au hasard du développement. Des bilans de santé standardisés à âges fixes, un repérage régulier des difficultés motrices, langagières, psychiques et neurodéveloppementales, l'accès à des soins précoces (dont la psychologie et la psychomotricité), et un dossier de suivi rattaché à l'enfant pour que son histoire médicale ne se perde pas d'un placement à l'autre.
L'idée de fond est simple et forte : chez un tout-petit, un trouble repéré et accompagné tôt n'a pas les mêmes conséquences que le même trouble découvert des années plus tard. La prévention ne consiste pas seulement à diagnostiquer, mais à observer, régulièrement, la motricité, le langage et les interactions.
Le passage au Parcours coordonné renforcé
L'arrêté du 21 avril 2026 (ouvre un nouvel onglet) a ajouté le PCR « Enfance protégée » à la liste des parcours coordonnés renforcés. Il pérennise et fusionne deux expérimentations menées entre 2019 et 2025 : PEGASE, centré sur la petite enfance, et « Santé protégée », qui coordonnait le suivi des enfants et adolescents protégés. Ce qui change :
| PEGASE (expérimental) | PCR « Enfance protégée » | |
|---|---|---|
| Public | Enfants placés avant 5 ans, suivis jusqu'à 7 ans | Mineurs et jeunes majeurs de moins de 21 ans suivis par l'ASE, placés ou à domicile |
| Portée | Sites d'expérimentation | Déploiement national, département par département, d'ici 2028 |
| Finalité | Prévention et suivi du développement | Parcours global : bilan, soins somatiques et psychiques, coordination, transition vers l'autonomie |
| Pilotage | Coordination de l'expérimentation | Structure coordinatrice désignée par l'ARS, avec le département |
Concrètement, le parcours prévoit un bilan de santé obligatoire à l'entrée dans la protection de l'enfance, un médecin référent pour chaque jeune, l'orientation vers les soins nécessaires (y compris en santé mentale), une coordination qui sécurise les rendez-vous malgré les changements de lieu de vie, et un accompagnement de la transition vers la majorité (un entretien un an avant 18 ans). Le tout financé par un forfait annuel versé à la structure coordinatrice.
Le cabinet est engagé dans le programme PEGASE
Le cabinet est conventionné PEGASE : il intervient, dans ce cadre, auprès de jeunes enfants relevant de la protection de l'enfance, pour le repérage et l'accompagnement psychomoteur précoce. Cet engagement suppose une formation dédiée à la protection de l'enfance et une coordination étroite avec le médecin, l'établissement d'accueil et les autres professionnels du parcours.
Avec la généralisation du dispositif au sein du Parcours coordonné renforcé « Enfance protégée », cette expérience se poursuit et s'élargit. Pour toute question, vous pouvez me contacter.
En Savoie : un déploiement en cours
La Savoie ne part pas de rien : elle faisait partie des départements expérimentateurs de PEGASE, autour du Foyer départemental de l'enfance de Savoie, à Chambéry. Depuis le 19 juin 2026, l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes (ouvre un nouvel onglet) a lancé un appel à candidatures pour désigner la structure qui coordonnera le parcours départemental, aux côtés de l'Ain, de la Drôme et de l'Isère.
Pour la Maurienne, l'enjeu est le même que pour les autres dispositifs : que cette coordination départementale soit réellement accessible aux enfants de la vallée, et pas seulement organisée autour de Chambéry. La disponibilité des professionnels de proximité, y compris libéraux, en dépendra directement.
Le rôle du psychomotricien
Les psychomotriciens libéraux sont expressément identifiés parmi les professionnels mobilisables pour le volet santé mentale et développement du parcours. Lorsqu'un bilan met en évidence un besoin et que les structures publiques (CMP, CMPP, CAMSP) ne peuvent proposer une prise en charge dans un délai raisonnable, la coordination peut faire appel à un professionnel libéral formé et engagé dans le dispositif.
C'est une bonne nouvelle pour ces enfants, souvent les plus exposés aux ruptures de soins : le recours au libéral est pensé comme une réponse d'accès effectif, pour éviter qu'un enfant repéré comme ayant besoin d'aide reste sans réponse. Encore faut-il, sur un territoire comme le nôtre, que les professionnels de proximité soient disponibles et associés à la coordination.
Repérer, protéger : le rôle du psychomotricien
Le psychomotricien travaille au plus près du corps et du vécu de l'enfant. Cette place particulière en fait un professionnel bien situé pour repérer des signes de mal-être, de négligence ou de maltraitance : marques corporelles, troubles du tonus ou du comportement, régression, évitement du contact, propos ou jeux inquiétants. En tant que professionnel de santé, il s'inscrit dans le dispositif départemental de protection de l'enfance.
Repérer n'est pas accuser : c'est transmettre, à la bonne instance, une inquiétude étayée. En Savoie, deux voies existent selon la gravité :
- la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP 73) du Département, pour toute situation d'enfant en danger ou en risque de l'être ;
- le procureur de la République, en cas de danger grave et immédiat, notamment de suspicion d'abus sexuels ;
- et, pour tous, le 119 — Allô Enfance en danger, joignable jour et nuit.
La loi autorise expressément le professionnel de santé à lever le secret pour signaler ces situations. Pour connaître la conduite à tenir et les procédures, le Département de la Savoie met à disposition un guide du signalement « Enfant en danger, que faire ? » (ouvre un nouvel onglet, fichier PDF).
- Arrêté du 21 avril 2026 : PCR « Enfance protégée » (ouvre un nouvel onglet)Ajout du parcours coordonné renforcé à la liste officielle.
- Service-public.fr : le parcours de soins de l'enfance protégée (ouvre un nouvel onglet)Public, étapes du parcours, transition vers la majorité.
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes : déploiement du PCR (ouvre un nouvel onglet)Appels à candidatures départementaux, dont la Savoie.
- Programme PEGASE (ouvre un nouvel onglet)Origine, principes et bilans du programme.