Attention et concentration


Quand l'attention ne tient pas
« Il pourrait s'il voulait », « elle rêve toute la journée », « il faut répéter dix fois »... Le manque d'attention est l'une des plaintes les plus fréquentes des familles et des enseignants.
L'attention n'est pas une question de volonté : c'est une fonction cognitive, qui se mesure et qui se travaille. Le bilan psychomoteur permet de savoir quelle attention est en difficulté, et pourquoi.
Il n'existe pas une attention, mais plusieurs
Parler de « trouble de l'attention » sans préciser de quoi il s'agit ne mène nulle part. On distingue plusieurs processus, qui peuvent être atteints séparément :
- L'attention sélective : maintenir son attention sur une cible malgré la présence de distracteurs, en inhibant une réponse automatique
- L'attention soutenue (ou vigilance) : tenir son niveau d'attention sur une durée longue, sans chute de performance
- L'attention divisée : traiter deux informations en même temps (écouter le maître et écrire)
- L'attention partagée et le contrôle exécutif : passer d'une tâche à l'autre, revenir à la consigne, corriger son erreur
En consultation, il s'agit souvent d'enfants qui répondent au moindre stimulus parasite : un mouvement, une porte qui s'ouvre, la sonnerie d'un téléphone. Le regard a du mal à se focaliser sur l'exercice en cours ; l'enfant papillonne, passant rapidement d'un point à l'autre du bureau. Les consignes doivent être répétées et il faut fréquemment ramener son attention sur le matériel.
L'évaluation des processus attentionnels
Le bilan s'appuie sur des tests étalonnés, c'est-à-dire comparés aux performances d'enfants du même âge :
- Test de Stroop — attention sélective et inhibition : l'enfant doit dénommer la couleur de l'encre d'un mot qui désigne une autre couleur, ce qui l'oblige à inhiber la lecture, réponse automatique
- Épreuves de barrage (test des deux barrages de Zazzo, test d2) — attention soutenue : discerner et barrer rapidement certains éléments parmi des distracteurs, sur une durée prolongée. On analyse les omissions et les substitutions
- Épreuves graphomotrices (figure de Rey, Bender-Santucci, dessin du bonhomme) : elles révèlent la qualité de l'organisation et du contrôle
- Échelles de développement psychomoteur et épreuves d'imitation de gestes : elles montrent comment l'enfant réagit à une consigne et tient sa tâche en situation concrète
L'observation clinique est tout aussi décisive : le temps de latence, la façon dont l'enfant s'installe, se relance, gère l'erreur ou l'échec, en disent souvent autant que le score.
La remédiation attentionnelle en psychomotricité
Les exercices d'attention portent sur les données sensorielles visuelles ou auditives, et cherchent à favoriser la focalisation puis l'exploration méthodique du champ perceptif. Pour le champ visuel, on insiste sur l'organisation du balayage — de gauche à droite et de haut en bas, comme pour la lecture.
L'objectif n'est pas de faire faire des fiches, mais de rendre à l'enfant une stratégie : ordre de réalisation, vérification, retour au modèle, correction de l'erreur. Quand on lui demande de donner des instructions pour qu'un autre reproduise un dessin, une construction en cubes ou un parcours, il nous montre les processus cognitifs qui sous-tendent ses comportements — et ce qui les rend inefficaces.
- Jeux de mémoire visuelle et auditive (Kim, Memory)
- Extraction de détails dans un fond confus, jeux des différences
- Puzzles, constructions, reproduction de modèles
- Parcours moteurs avec consignes multiples, jeux de déplacement
- Entraînement haptique (reconnaissance tactile sans le regard)
- Outils de remédiation cognitive informatisés, en complément et jamais en remplacement du travail corporel
- Relaxation et travail sur la disponibilité corporelle, préalable indispensable à toute attention
Les troubles attentionnels sont fréquemment associés à une agitation ou à une impulsivité : voir la page TDA/H.
Des difficultés d'attention à l'école ou à la maison ?
Le bilan et l'accompagnement en psychomotricité se font sur prescription médicale. N'hésitez pas à me contacter pour échanger sur votre situation.
Le coût vous inquiète ? Plusieurs dispositifs permettent de financer la prise en charge, dont certains sans aucune avance de frais. Voir les aides financières.
Recommandations de bonne pratique
Les recommandations ci-dessous font autorité en France. Elles guident ma pratique et peuvent être utiles au médecin qui vous suit.
- TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents (ouvre un nouvel onglet)Haute Autorité de santé, recommandation de bonne pratique, juillet 2024. Les interventions non médicamenteuses sont recommandées en première intention.
- TDAH : repérer la souffrance, accompagner l'enfant et la famille (ouvre un nouvel onglet)Haute Autorité de santé, questions / réponses à destination des familles et des médecins de premier recours.